By / coachingFormationIntelligence collectiveManagementPerformanceQualité de vie au travailRessources humaines

Le projet, son pilotage et les grains de sable

La-navigation-de-projet-par-Ariane-RegulationLa confrontation à la situation est le moment où la réalité de la relation entre l’homme et son action s’exprime.

Un ami navigateur chevronné ramenait un trimaran bijoux de technologie à travers l’atlantique. N’importe qui aurait presque pu ramener ce bateau. Oui, presque, parce qu’une nuit, qu’avait-il senti ?  Il s’est réveillé en sursaut et a sauvé le bateau avant qu’il ne s’échoue. Les instruments étaient tombés en panne.

Un projet, tous les projets ont besoin que l’apprentissage, l’amélioration, la capacité à recueillir l’information fine soient constamment optimisés, sinon le projet se stérilise, dévie rapidement de la réalité des situations et se drosse sur les rochers.

Garder et augmenter la vigilance ne peut se faire qu’en optimisant et diversifiant les manières de voir et en transformant les grains de sable en information sur la réalité de la situation.

L’intégration de l’inconnu comme une donnée incontournable est un des moyens d’optimiser la réussite du projet.

 

Quand les grains de sable bloquent un fonctionnement parfaitement prévu

management-de-projet-dans-les-societesDans le management de projet, il est fait appel à l’autonomie des participants. Cette autonomie, mal préparée peut mener à un ensemble de difficultés : périmètres mal définis, responsabilités entrainant des pressions trop fortes, difficultés avec le positionnement hiérarchique, relations difficiles entre certains participants…

Alors les difficultés personnelles des acteurs impactent le projet sans que leurs conséquences sur celui-ci ne soient prises en compte comme une donnée, et donc traitées.

Un chef de projet brillant d’une grande entreprise pétrochimique, vivant à titre personnel une grande tension, personne ne le savait, et rien dans le management de projet ne permettait de prendre en compte cette difficulté.

Les conséquences des flous, les inexactitudes traitées comme des « écarts » entre ce qui était prévu et la réalité, étaient traitées par les « solutions » techniques, qui ne prenaient pas en compte les conséquences des difficultés individuelles.

Quand nos outils questionnent les visions de chacun sur les actions, les solutions qui apparaissent sont créatives, intelligentes et tiennent compte de la réalité vécue concrètement par chacun et tous. Les résultats sont alors optimisés.

Chacun devenant parti prenante du résultat est alors impliqué et sa parole respectée.

L’intégration des visions de chaque participant, comme manière de traiter la réalité du vécu du projet, augmente les résultats.

 

L’idéalisation des modèles : une difficulté très actuelle

Je faisais un cours de management de projet complexe à des étudiants ayant tous déjà trois ans de travail sur le sujet. Ils me montraient leur projection et leur obsession de tenir les délais. Question « et là il y a une grève, vous faites quoi ? »

La réponse immédiate m’a laissé interrogative : « on oblige les ouvriers à travailler ».

Certains de ces étudiants deviendront peut-être des briseurs de grève pour « réussir le projet dans les délais»

La suite du cours a interrogé : la distance entre la réalité et le modèle projeté, et puis les choix éthiques et légaux. Parce qu’un projet existe dans un contexte légal, entrepreneurial, stratégique. C’est même dans un emboitement de contextes conscients ou pas, acceptés ou refusés que le projet se développe.

le-projet-ideal-face-à-la-realitéQuand le projet ne se positionne pas dans sa relation à la stratégie et à l’éthique globale de l’organisation qui le génère, où est-il ?

Sortir des modèles idéaux si loin de la réalité qu’il n’y a plus d’humains et positionner le projet dans sa dimension stratégique et éthique est un vrai défi pour nous tous.

 

Plusieurs éléments nous ont occupé dans cet article : intégrer l’inconnu, l’inattendu, la vision des participants, la stratégie globale du contexte, et l’éthique.

Oui mais comment faire ? Ce n’est pas par des réunions qu’on recueille la vision des participants pour en faire de l’information utile et respectueuse. Ce n’est pas par la peur et l’analyse des risques qu’on peut « mettre la main » sur l’inconnu ou le conjurer par le tout prévoir. Ce n’est pas non plus en posant la question déclarative de la stratégie et de l’éthique qu’on peut avoir la réponse.

Un changement de paradigme est à l’œuvre dans lequel la responsabilité individuelle et collective instrumentée permet l’ouverture vers la connaissance et donc le respect tout en optimisant l’efficience. 

Ariane Régulation 

contact@ariane-regulation.com